Pourquoi j’ai voté « contre » la loi sur la fin de vie. Ce vote n’a pas été un vote “contre” des pers…

Pourquoi j’ai voté « contre » la loi sur la fin de vie.

Ce vote n’a pas été un vote “contre” des personnes.
Il a été un vote de conscience.

Depuis des mois, j’ai souhaité que ce débat ne reste pas enfermé dans l’hémicycle. J’ai initié des consultations sur notre territoire et les réseaux, organisé des temps d’échanges, reçu des dizaines de sollicitations et témoignages, rencontré des familles, des aidants, des citoyens inquiets, parfois en colère, souvent bouleversés.

J’ai entendu la peur de souffrir.
La peur d’être un poids.
La peur de ne plus être digne.

La semaine dernière encore, j’ai passé une matinée avec l’équipe du service de soins palliatifs du C.H.A.M. J’y ai rencontré des professionnels d’une humanité et d’un engagement remarquables. Ils prennent en charge chaque jour la douleur, l’angoisse, les derniers instants. Ils ne fuient pas la mort. Ils accompagnent la vie, jusqu’au bout.

Ces échanges m’ont profondément marqué.

Ils m’ont rappelé une chose essentielle : notre priorité absolue doit être de garantir à chacun un accès réel, effectif, équitable aux soins palliatifs. Aujourd’hui, ce n’est pas encore le cas partout.

Je ne nie pas les situations de souffrance extrême. Je ne méconnais pas les drames intimes. Mais je crains qu’en ouvrant un droit à l’aide active à mourir, nous envoyions aussi un message dangereux aux plus fragiles : celui qu’ils pourraient être “de trop”.

Une société se juge à la manière dont elle protège les siens quand ils sont vulnérables.

Mon doigt, aujourd’hui, a appuyé sur la touche « contre », car mon vote est le fruit de ces rencontres, de ces confidences, de ces regards croisés. Il est le fruit d’une conviction : nous devons d’abord renforcer l’accompagnement, soutenir les familles, investir massivement dans les soins palliatifs et la prise en charge de la douleur.

Je respecte profondément les opinions contraires. Sur un sujet aussi intime, chacun parle avec son histoire, ses blessures, ses valeurs.

Mais en conscience, après avoir écouté, consulté et rencontré, j’ai estimé que cette loi n’apportait pas les garanties nécessaires.

Le débat ne s’arrête pas à un vote. Il doit continuer, avec humanité et responsabilité.

Notre devoir collectif est d’aimer, de soutenir et d’accompagner — jamais de considérer qu’une vie vaut moins qu’une autre.

Tant qu’il reste une main à tenir, un regard à soutenir, une présence à offrir, notre devoir est d’accompagner — pas de renoncer.

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