Il est minuit, l’examen du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026 prend fin. Celui-ci est transmis au Sénat.
Je reviens sur l’article concernant la suspension de la réforme des retraites que j’ai voté « contre ».
En effet, que demande-t-on à un élu ? On lui demande d’être constant et responsable.
Constant, je le suis car je maintiens la même position qu’il y a 2 ans, pour les mêmes raisons.
Responsable, j’espère l’être au vu de la situation et la nécessité de ne pas aggraver la dette.
Constant et responsable, car pour financer les retraites :
– À l’origine, on comptait 4,1 actifs pour 1 retraité. Soit 4,1 cotisants pour 1 pensionné. Aujourd’hui, cest 1,7 pour 1 (bientôt 1,4 pour 1).
– À l’origine, le nombre moyen d’années de pension était de 5,5 années. Aujourd’hui, c’est 22,5 années.
– le taux de natalité est en baisse.
– la France est l’un des pays où l’on part le plutôt à la retraite. L’Italie de Droite, c’est 65 ans. L’Espagne de Gauche, c’est 66 ans.
Ainsi, pour financer nos retraites, il n’y a pas 36 solutions. Soit on allonge la durée de cotisations, soit on augmente le montant des cotisations, soit on diminue le montant des pensions.
Faire croire que l’on peut se permettre de suspendre cette réforme et partir en retraite à 62 voire 60 ans, c’est faire payer le prix de nos
mensonges à nos concitoyens et à nos enfants. Il n’y aura pas de miracle pour financer cette suspension ni d’autres choix que d’augmenter les cotisations, de baisser les pensions ou d’aggraver la dette.
Évidemment, si j’avais été opportuniste, j’aurais voté pour la suspension de la réforme. Seulement, je préfère agir en responsabilité quitte à déplaire et perdre une élection. Surtout, je ne veux pas compromettre l’avenir des générations futures.
D’ailleurs, les Jeunes l’ont bien compris : soit on sauve notre système par répartition, soit on fonce tout droit vers un système par capitalisation…et là notre modèle de solidarité, dont nous sommes fiers, volera en éclat.
Enfin, il faudra une nouvelle réforme qui prenne vraiment en compte les carrières longues, la pénibilité et le travail des femmes.



